44 % des pratiquants réguliers de yoga rapportent avoir déjà ressenti une gêne ou une douleur au niveau du genou. Pas besoin d’enchaîner les postures extrêmes pour s’exposer à ce type de désagrément : même les enchaînements dits « doux » sollicitent l’articulation plus qu’on ne l’imagine. Les études médicales recensent une nette augmentation des consultations liées à des problèmes survenus après une pratique répétée. Et non, posséder une souplesse naturelle n’immunise pas contre les blessures.
En matière de prévention, les conseils varient grandement d’un enseignant à l’autre, parfois même au sein d’une même école. Pourtant, il existe des ajustements accessibles à tous qui peuvent véritablement limiter les risques et préserver la mobilité sur la durée.
Les genoux, maillon sensible dans la pratique du yoga
Dans l’architecture du corps humain, le genou tient un rôle central pour le yoga. Cette articulation complexe réunit cartilage, ménisque, ligaments et tendons. Elle permet d’alterner flexion et rotation tout en garantissant la stabilité. Mais cette polyvalence masque une fragilité : à chaque asana, lotus, déesse, pigeon, chaise, le genou subit des contraintes différentes. Le moindre faux mouvement, le moindre excès de zèle, et le risque de blessure pointe le bout de son nez.
Les chiffres parlent. Des enquêtes publiées dans l’International Journal Yoga ou le Journal Yoga Studies le confirment : la pratique du yoga, réputée douce, peut aussi abîmer les genoux. Tendinites, lésions du cartilage, entorses, syndrome du ménisque… Ces diagnostics reviennent souvent chez les adeptes assidus. À force de répétitions, la moindre erreur d’alignement se transforme en microtraumatisme, jusqu’à réveiller la douleur.
Pour mieux comprendre les problèmes rencontrés, voici les blessures les plus courantes :
- Tendinite : le tendon s’enflamme à force de flexions répétées.
- Lésions du cartilage : le tissu s’use, souvent à cause d’une mauvaise répartition des appuis.
- Entorse : les ligaments trinquent lors de rotations ou torsions non maîtrisées.
La solution passe par une pratique adaptée. Prendre en compte la morphologie de chacun, avancer par étapes, ajuster chaque posture à ses propres limites, et ne jamais hésiter à demander conseil à un professeur expérimenté. Le yoga s’adresse à tous, mais la prudence doit guider chaque mouvement pour éviter que le tapis ne devienne synonyme de blessure.
Pourquoi certaines postures mettent les genoux à l’épreuve ?
Dans l’univers du yoga, certaines postures mettent particulièrement les genoux en difficulté. Tout se joue dans la mécanique : flexion, rotation, ou maintien prolongé sollicitent sans relâche la zone fragile entre fémur, tibia et rotule. Prenez le lotus, icône de la méditation : il exige une rotation externe de la hanche que peu de corps possèdent naturellement. Quand l’ouverture manque, la pression s’exerce sur le genou, bien malgré lui.
Le hatha yoga regorge d’autres exemples : chaturanga, pigeon, malasana font intervenir toute la chaîne des articulations. Un genou mal placé, une cheville laxiste, et toute la charge se reporte sur la zone la plus vulnérable. Les guerriers, la déesse : toutes ces postures impliquent une flexion parfois intense. Ici, c’est l’alignement précis, genoux dans l’axe des orteils, qui fait la différence entre un mouvement sûr et un geste à risque.
Pour y voir plus clair, regardez ce tableau :
| Posture | Sollicitation du genou | Risques |
|---|---|---|
| Lotus | Rotation externe intense | Lésion du ménisque, entorse |
| Pigeon | Flexion et torsion | Tendinite, surcharge ligamentaire |
| Malasana | Flexion profonde | Compression du cartilage |
En pratique, chaque posture devient un exercice d’équilibre : progresser à son rythme, respecter sa propre anatomie, ajuster l’intensité selon ses capacités. Le corps envoie des signaux ; les ignorer revient à solliciter le genou plus qu’il ne peut supporter. La sécurité commence par ce dialogue entre ambition et réalité.
Conseils pratiques pour protéger ses genoux sur le tapis
Le genou garde en mémoire tous les excès. Pour limiter les incidents, un échauffement ciblé s’impose avant chaque séance : flexions douces, rotations amples, mobilisation des hanches et des chevilles. Ce rituel simple réveille les articulations, assouplit les ligaments et prépare le cartilage à l’effort.
L’alignement reste le point de vigilance numéro un. En posture de guerrier, de déesse ou lors d’une fente, veillez à ce que le genou suive la ligne des orteils. Évitez de le pousser au-delà de la pointe du pied : cela limite la tension sur le ménisque et les ligaments. Avancer progressivement, sans chercher à imiter les autres, protège durablement. Si un mouvement force, ajustez-le à votre gabarit, pas l’inverse.
Pour renforcer la sécurité, voici quelques stratégies efficaces :
- Pensez aux accessoires : une brique sous le bassin, une sangle pour détendre la pose, un bolster pour soutenir les genoux en tailleur.
- Travaillez la proprioception grâce à des exercices d’équilibre, et améliorez la mobilité fonctionnelle des hanches.
- Respectez le principe d’ahimsa : évitez toute violence, écoutez les signaux du corps et stoppez dès la moindre gêne.
La meilleure protection, c’est l’écoute de soi. Prendre le temps, ajuster les postures, accepter ses limites, c’est garantir la santé de ses genoux et s’inscrire dans une pratique sûre et évolutive.
Ressources et accompagnement pour une pratique en toute sécurité
Protéger ses genoux ne se résume pas à choisir un tapis épais. L’environnement, l’encadrement et la qualité du suivi jouent un rôle déterminant. Le professeur de yoga reste votre meilleur allié : il observe, corrige, adapte le rythme et la difficulté à chaque participant. Un enseignant attentif proposera systématiquement des variantes, conseillera l’usage d’accessoires, rappellera l’importance du ressenti pour éviter toute blessure.
En cas de douleur persistante, la kinésithérapie prend le relais. Un diagnostic rapide, une rééducation ciblée et des exercices adaptés permettent d’éviter que la gêne ne s’installe. Le kinésithérapeute maîtrise l’anatomie du genou : il guide la récupération, rééquilibre la chaîne musculaire et propose des mouvements complémentaires qui facilitent le retour sur le tapis.
Pour approfondir, il existe des ressources fiables. Les publications telles que l’International Journal of Yoga ou le Journal Yoga Studies offrent des repères concrets sur la santé des genoux. Les fédérations, associations de professeurs et certains sites spécialisés mettent à disposition des fiches pratiques, des vidéos d’échauffement, des conseils adaptés à chaque morphologie. Pour choisir, misez sur la clarté des explications, la cohérence des progressions et la compétence de l’encadrant.
Voici les leviers à privilégier pour sécuriser votre pratique :
- Un cours de yoga pensé pour préserver la santé du genou
- Un accompagnement en kinésithérapie si besoin
- Des supports pédagogiques validés et rigoureux
L’équilibre se dessine entre vigilance, accompagnement personnalisé et recours à des ressources fiables. Les genoux n’auront plus à craindre la prochaine salutation au soleil.


