Les trottinettes électriques, ces engins agiles qui se faufilent sur les trottoirs des grandes villes américaines comme San Francisco, Los Angeles, Austin ou Seattle, bousculent les habitudes de déplacement.
Pour beaucoup, elles incarnent une réponse concrète à la valse des problèmes urbains : parkings saturés, prix du carburant qui grimpe, circulation engorgée, pollution persistante. Pourtant, tout le monde ne saute pas de joie devant ce mode de transport qui se multiplie à vue d’œil.
L’essor fulgurant des trottinettes électriques va de pair avec une explosion du nombre d’accidents : heurts avec des piétons, chocs avec des véhicules, blessures en pagaille… La question de la sécurité s’invite, entraînant avec elle celle de la responsabilité.
Et voilà l’épineuse question de l’assurance.
La plupart des compagnies rangent les trottinettes dans la même catégorie que les motos pour leurs offres, prenant en charge blessures et dégâts. Mais les règles varient d’un État à l’autre : certains imposent des garanties, d’autres laissent toute latitude. Avant de démarrer, il faut se renseigner localement sur ce qui s’applique à votre usage. Précaution, toujours.
Les cotisations fluctuent selon le territoire et la compagnie mais, en moyenne, une couverture de base s’établit autour de 100 $ par an.
Différentes causes d’accidents reviennent constamment sur le terrain. Plusieurs situations sont pointées du doigt:
- Des enfants maniant la trottinette sans prudence
- Deux personnes sur le même engin
- Le port du casque aux abonnés absents
- La circulation sur le trottoir au lieu de la chaussée
- Des routes ou pistes en mauvais état
- Des conduites audacieuses, parfois franchement imprudentes
Face à ces risques qui se multiplient, beaucoup de villes instaurent de nouveaux règlements: stationnements dédiés, sanctions en cas d’absence de casque, contrôles sur le terrain… Pourtant, personne n’ose garantir que ces mesures suffiront à rétablir l’ordre et la sécurité dans l’espace public.
Les géants de la mobilité ne veulent pas rater le coche : Uber et Alphabet se positionnent stratégiquement aux côtés de Lime, l’une des têtes de pont du marché.
L’autre grand acteur, Bird, célèbre déjà plus de cent villes desservies après seulement une année d’existence. Pour Travis VanderZanden, le fondateur, Bird accélère la mutation de la mobilité urbaine, la rendant plus accessible et moins polluante.
Combien coûte une assurance responsabilité civile pour une trottinette ?
Tout dépend de la formule et du profil d’usage. Le ticket d’entrée pour une simple responsabilité tourne autour de 295 $ chaque année. Pour ceux qui exigent une couverture totale, la facture grimpe entre 1 800 et 2 200 $ par an. L’écart s’explique par le niveau de protection: basique ou tous risques.
Comment fonctionne la location de trottinettes électriques ?
Les grandes compagnies de location mettent à disposition leurs flottes pour quelques centimes la minute, en moyenne entre 15 ¢ et 1 $ selon la ville, avec une vitesse plafonnée à 24 km/h. On débloque l’engin avec une application, la course se termine sur le trottoir, prête pour l’utilisateur suivant.
L’ampleur du phénomène surprend : lors d’un seul mois à San Francisco, Bird a déployé 1 600 trottinettes, récoltant 95 000 trajets. À Santa Monica, Lime, de son côté, compte déjà 180 000 utilisateurs uniques depuis 2018.
Location et responsabilité : qui porte les risques ?
En attendant des règles vraiment homogènes, chacun doit prendre conscience des limites de la protection offerte.
La plupart des loueurs requièrent un permis de conduire ; mais dans des États comme la Californie, nul besoin d’enregistrer l’engin. Résultat: aucune obligation légale d’assurance ni de licence pour rouler. Ce flou favorise les imprudences.
Quant aux entreprises de location, elles possèdent généralement une assurance responsabilité qui, souvent, ne couvre que leur propre activité, pas les utilisateurs. Les contrats sont sans équivoque : toute utilisation se fait aux risques et périls du client. En cas de pépin, l’assurance de l’opérateur ne prendra pas en charge les blessures personnelles. Du côté des assurances habitation, les clauses écartent presque toujours les véhicules motorisés. Quant à l’assurance automobile, elle ne s’applique qu’aux voitures ou camions, rien pour les engins à deux roues électriques.
Tout évolue vite. Par exemple, San Francisco oblige maintenant les sociétés de location à fournir une garantie pour chaque utilisateur. D’autres territoires pourraient lui emboîter le pas. À El Segundo, certaines licences ont déjà été suspendues quand les opérateurs refusaient de s’aligner.
Se protéger efficacement à trottinette
Face à ces incertitudes, les juristes conseillent d’anticiper, qu’on soit usager, cycliste, ou simple piéton.
Avant de grimper sur une trottinette partagée, il vaut mieux procéder à quelques vérifications simples :
- Examinez ce que couvrent vos propres polices (habitation, auto…). Beaucoup d’usagers découvrent trop tard que leur assurance fait l’impasse.
- Prenez le temps de lire chaque décharge ou contrat remis par la société de location, pour bien saisir ce à quoi vous vous engagez.
- Si aucune couverture ne s’applique à votre situation, il reste la possible souscription d’une assurance dédiée pour trottinette. Certaines compagnies incluent désormais une offre à partir de 75 $ ou 100 $ par an, sur le segment moto.
En cas d’accident impliquant un piéton, quelques réflexes protègent légalement :
- Photographiez le permis du conducteur de la trottinette.
- Notez les contacts de témoins présents sur les lieux.
- Filmez ou photographiez immédiatement la scène pour apporter des preuves tangibles.
Les trottinettes électriques font bien plus que changer la façon dont on se déplace : elles posent une question collective de responsabilité, individuelle comme publique. Lorsqu’une trottinette file dans votre dos à toute allure, le doute s’installe : protections en règle ou grand saut dans l’incertitude ?

